En discutant avec M. Darroze à Cheval Passion (je vous avez dit que j'avais rencontré plein de gens), qui est un ex-horse-baller en plus d'être un sellier, j'ai réalisé encore une fois que notre sport ne semble toujours pas savoir si il doit conserver son héritage rugbistique ou bannir au maximum les contacts si difficiles à arbitrer.

En effet, les contacts au horse-ball sont difficiles à arbitrer car ils impliquent le cheval, et par conséquent sa force en plus de l'intention du joueur. Si on rajoute à cela que ça va vite et que l'arbitre ne voit pas tout, il faut bien admettre que la tâche est vraiment ardue. Du coup, l'arbitrage d'aujourd'hui n'est vraiment pas uniforme, certains sifflant le moindre contact un peu viril, d'autres laissant passer des actions de boucher.

Personnellement, je pense que pour conserver l'esprit du jeu, on ne doit pas se passer des contacts francs. Mais cela ne peut se faire proprement que si l'on forme correctement les arbitres sur 2 notions qui me semble essentielles :

  • le retard : un des principes de base du marquage consiste à porter son cheval au niveau de celui du porteur de balle avant de tenter toute prise de balle. Trop souvent, les arbitres laissent passer des marquages désespérés où le défenseur est en retard et n'a pas su porter son cheval au niveau de son adversaire (cf. photo ci-dessus ou défense sur Marie Quétier par un joueur de Chantilly en Avignon).
  • le point d'impact : une percusion sur l'arrière main du cheval offensé (que l'offenseur soit un attaquant ou un défenseur) relève d'une mauvaise maîtrise du cheval (sauf si l'offensé est en train de reculer, bien sûr) et devrait être un critère systématique de prise de décision de l'arbitre.
Bien sûr, je ne remets pas en cause ici la notion d'avantage qui devrait sans doute être plus souvent utilisé...

Ensuite, une fois les chevaux galopant au contact, c'est une affaire d'hommes et je préfèrerais qu'on garde un petit brin de rugby pour ne pas tomber dans la dérive du football avec tout ces simulateurs qui peuplent les pelouses! D'après moi, pour en finir avec cette épineuse question du horse-ball actuel, il faut axer la réflexion sur la protection des chevaux car c'est cela qui touche de trop près à la sensibilité des joueurs, des arbitres, mais surtout des spectateurs... Le reste, c'est une affaire d'homme à homme, et même si c'est pas toujours beau à voir, c'est tout de même une belle valeur sportive (rappelez-vous cet été le XV de France, vous avez tous vibré devant leur combativité, non?).