Rebondissant sur l'affaire France-Irlande chez nos amis footeux, Dundel vient de faire publier une analyse des causes de la tricherie dans le sport et nous propose une séries de solutions pour tenter d'y remédier. Réelle problématique, j'avais moi aussi pensé pendant un temps que l'auto-arbitrage en horseball pouvait être une bonne solution... mais après quelques essais, il s'avère que ce n'est pas du tout adapté à un sport de contact!

En effet, à l'ultimate, encore plus qu'au basket, le contact est prohibé. La majorité des fautes de jeu sont donc appelées par les joueurs suite à un contact de l'adversaire. La logique est donc simplissime : contact = faute. Et on arrive donc à se passer d'arbitre... encore que ces derniers temps, on trouve des observateurs au bord des terrains d'ultimate pour trancher en cas de désaccord entre joueurs.

Au horseball, comme au rugby, le contact fait partie du jeu. C'est uniquement la nature du contact (angle, force, intention,...) qui le rend répréhensible ou pas. Du coup, difficile pour les joueurs dans le feu de l'action de dire si il y a faute... ou pas! De la même manière, on imagine mal les joueurs de rugby être capables d'appeler des fautes lors des regroupements, non?

Cela dit, j'avais imaginé appliquer l'auto-arbitrage à Hat Tolosa, pour donner une petite dimension street-ball au tournoi. Avant de me lancer, j'ai fait quelques essais lors d'entraînements et de matchs de démonstration. Les rencontres se sont toujours déroulés dans une très bonne ambiance, mais j'en ai tiré les conclusions suivantes :

  • les phases de jeu deviennent très longues : les joueurs préférent continuer à jouer qu'appeler une faute si ils ont conservé la possession de la balle. Du coup, le jeu ne s'arrête qu'après un but et les chevaux doivent souvent encaisser de très longues séquences de jeu.
  • les petites fautes ne sont jamais appelées : tant que la sécurité des joueurs ne semblent pas mise en danger, les joueurs laissent naturellement l'avantage au porteur de balle. Du coup, à part les gros travers, presque aucune faute n'est sanctionnée. Ceci s'explique aussi par le fait que le horseballer est toujours en mouvement, contrairement au joueur d'ultimate, il lui est donc difficile de jouer et de prendre le recul nécessaire pour réfléchir à l'arbitrage.

Le jeu est donc dénaturé par l'auto-arbitrage... et je n'ose pas imaginer ce que ça pourrait donner sur un match à enjeu, même avec des joueurs fair play! Il ne me semble donc pas possible de se passer de l'avis extérieur de l'arbitre au horseball pour guider le jeu, ce qui n'empêche pas que celui-ci doit être le plus impartial et objectif possible. Et c'est sans doute là qu'il faut qu'on travaille... Et puis peut-être aussi sur l'intégrité et le fair play des joueurs qui profitent trop de la faiblesse de notre corps arbitral!