Horseball ostéopathieJ'ai envie de rebondir sur un des derniers articles de www.horse-ball.org qui traite d'ostéopathie. L'article est très clair et bien réalisé, mais je voulais y ajouter mon point de vue sur la question. Propriétaire de cheval depuis 7 ans, qui plus est propriétaire de cheval à dos fragile, j'ai été confronté plusieurs fois aux spécialistes de la santé equine... et les choses ne sont pas aussi simple qu'il n'y parait.

Tout d'abord, ostéopathe/éthiopathe ne sont pas vraiment des appellations contrôlées. Sous ces termes, on retrouve les vétérinaires aillant suivis des formations dans ces disciplines, des personnes n'aillant suivi que les formations spécialisées et des rebouteux n'aillant suivi aucune formation si ce n'est l'héritage d'une tradition familiale dans le meilleur des cas. De manière générale, je fais plus confiance aux premiers, et je me méfie des derniers, même si ils ont des doigts d'or. D'ailleurs, si j'avais écouté les conseils du guérisseur local, la tumeur ovarienne de ma jument non-diagnostiquée aurait probablement pris des proportions difficilement contrôlables... et pourtant, il a remis d'aplomb les 3/4 des chevaux de l'écurie!

Ensuite, il faut bien comprendre que l'ostéopathe va chercher à manipuler le cheval pour débloquer ce qui le gêne là où le vétérinaire classique va plutôt réduire la douleur afin que le cheval retravaille la zone douloureuse afin de retrouver un équilibre de lui-même. Quelle est la meilleure approche? Et bien ça dépend des cas! De ma petite expérience, les deux solutions ont été profitable. Une séance d'ostéopathie a permis de débloquer l'arrière-main de ma jument qui s'était nouée "autour" de la tumeur ovarienne. L'allopathie a permis de remettre ma jument au travail avec une seule séance d'infiltrations quelques années plus tard là où l'ostéopathie entraînaient des réactions en chaînes après chaque séance. Cette fois-là, il fallait muscler le dos pour sortir de la crise, et l'ostéopathie ne soulageait pas assez le mal pour que la jument puisse travailler correctement, donc elle ne cessait de compenser ce qui créait de nouveaux blocages.

Dans tous les cas, je crois qu'il faut bien connaître son cheval pour choisir comment le soigner, faire confiance au professionnel auquel on fait appel, suivre le traitement avec sérieux, et ne pas hésiter à passer à autre chose si on n'arrive pas à l'effet escompté. Comme on me l'a dit un jour, "pas besoin d'appeler l'ostéopathe pour un cheval qui travaille comme d'habitude". En effet, les chevaux comme leurs cavaliers ont tous des blocages plus ou moins gênant et douloureux, ils prennent l'habitude de les compenser, et le fait de les corriger peut entraîner des effets secondaires bien pires que le mal lui-même, surtout chez les chevaux qui ont quelques saisons au compteur. Quelque soit le cheval, il y aura toujours quelque chose à manipuler... et l'ostéopathe aura toujours envie de vous le remettre en place histoire de ne pas avoir fait le déplacement pour rien, surtout si ce n'est pas dans le cadre d'un suivi sur le long terme. Donc si votre cheval se porte bien, d'après moi, pas besoin d'aller chercher la petite bête ;o)